Rôle(s) des pyramides provinciales

Ces petites pyramides provinciales à degré (12 à 15 mètres de hauteur) sont probablement construites durant la IIième dynastie.

Elles sont au nombre de Sept.

Elles se trouvent à Elephantine, El-Koula, Edfou, Nagada, Sinki (Abydos), Zawiyet el Meitin.

A noter qu’une pyramide de ce type a été aussi trouvée à Seila datant du début de la IV dynastie, règne de Snéfrou.

La plupart de ces pyramides sont « rattachées » au roi Houni d’après certains égyptologues.

Beaucoup de choses ont été écrites concernant ces pyramides.


 

Mais quelle est donc le rôle ou les rôles de ces pyramides provinciales ?

Nous sommes toujours dans l’énonciation d’hypothèses.

Dans un premier temps elles ne sont pas des tombes : nous n’avons trouvé aucunes preuves qui viendraient confirmer ce fait.

D’autant plus que ces pyramides ne comportent pas de structures funéraires.

Ces pyramides ne sont pas confinées près d’une nécropole ou de ses environs : le lieu de construction a donc été sélectionné délibérément dans un but bien précis.

Elles ne représentent pas une tombe mais probablement un symbole suffisamment fort pour justifier une telle construction.

Certaines constructions plus tardives (exemple : les Temples Solaires) seront utilisées par exemple comme symbole solaire.

Les pyramides pourraient représenter un autre symbole : le symbole du pouvoir royal – la pyramide devient alors une sorte d’attribut régalien grandeur nature qui mérite d’être célébré.

Derrière ce symbole royal se cache évidemment l’Etat.

Nous savons qu’à partir de cette époque va s’amorcer une politique de décentralisation qui aura pour objectif « d’éparpiller » le culte royal.

Ce culte royal peut être appréhendé dans sa globalité (le Pouvoir Royal en général) ou « unitairement » (un Roi) lors d’événements particuliers (exemple : fête ḥb sd).

Il y a donc un intérêt de la part de la Résidence d’avoir une « présence » royale répartie sur le territoire.


 

Nous pouvons envisager un deuxième rôle : un rôle plus économique.

Après avoir amorcé une politique de décentralisation, la Résidence va accroître ses efforts sur le développement de fondations ou d’institutions économiques.

Les pyramides provinciales pourraient représenter un « maillon » de ce développement.

Nous avons retrouvé dans certains cas près de ces pyramides des institutions du type pr šnc.

Ces institutions sont des complexes administratifs qui peuvent gérer des domaines agricoles – domaines qui sont dans la plupart des cas en liaison avec la Résidence et son administration.

Elles permettent de préparer et de distribuer des provisions à un large public (local voire régional).

La pyramide serait en quelque sorte un point de convergence économique.

Il est évident que cette « organisation » locale résulte d’une politique appliquée et voulue par le pouvoir royal.

Ces « unités » économiques associées au culte royal représenté localement font partie d’un maillage permettant de centraliser les ressources au niveau de la Résidence.

Nous sommes donc en présence d’une centralisation économique (gérée par la Résidence) au travers la propagation du culte royal.


 

Un troisième rôle peut être aussi envisagé.

La doctrine solaire prenant son essor à partir de cette période, le pouvoir royal a pu utiliser ces pyramides à des fins religieuses.

Pourquoi ne pas utiliser une pyramide pour imposer une nouvelle doctrine ?

Un symbole religieux certes mais aussi un symbole visuel non négligeable.

 

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Ancien Empire Egyptien (projet A2E) by Fabrice MAUPIN