Mastaba G2210

Le mastaba G 2210 fait partie des mastabas anonymes de la nécropole G 2100.

Le pourquoi de cet anonymat ne peut s’expliquer uniquement par une seule cause.

Comme nous le verrons dans cet article, ce mastaba semble ne pas avoir été complètement terminé : le programme décoratif prévu a t-il été réalisé ?

Les blocs revêtus d’une éventuelle décoration ont pu aussi disparaitre, être réemployés ou être détruits.

L’usure du temps a pu jouer un rôle non négligeable.

Un dernier aspect à prendre en considération : ce mastaba a t-il été réellement utilisé ?

La décoration, les bas reliefs et autres inscriptions sont une sorte de « signature » propre au propriétaire du mastaba.

Si le mastata a été utilisé, comme semble le suggérer certains Egyptologues et semble aussi le prouver les restes humains retrouvés, comment expliquer le manque de décoration ?

La liste des interrogations est longue.

Ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas de traces décoratives conservées – donc pas de nom du propiétaire (homme ou femme) à proposer (ni d’ailleurs de noms d’autres personnes liées à l’entourage du propriétaire).


 

Si nous avions à notre disposition le programme décoratif, nous pourrions l’utiliser comme un « outil » d’aide à la datation du mastaba.

Il nous reste plus qu’à nous reporter sur les éléments architecturaux du mastaba.

Nous retrouvons une datation assez classique, commune aux premiers mastabas de cette nécropole : début règne de Khoufou pour le « core » du mastaba et Rekhâef pour les autres éléments du mastaba.

A noter tout comme le mastaba G 2130, ce mastaba a été « étendu » (maçonnerie massive). Les modifications sont différentes entre les deux mastabas.

Il semble (d’après les modifications) que notre mastaba soit postérieur au mastaba G 2130.

Le type du mastaba est assez ancien (type 2a avec mur de soutènement maçonné et renforcé).

Ses dimensions : 34,5m * 17,4m = 600.3 m2 (hauteur de 5,15 m) – il fait partie des plus grands mastabas de cette nécropole.

Des traces d’une chapelle (6m * 4m) subsistent dans une zone comportant des blocs massifs (servant probablement de mur de « base » à la chapelle).

Cette chapelle a t-elle été détruite ? a t-elle été inachevée ?


 

Le mastaba comporte un puit A (dimensions : 1,95m * 2,15 – 21,65m de profondeur) avec deux chambres.

La première chambre est inachevée (dimensions : 4,4m * 4,9m = 21,56 m2 – hauteur 1,85m) – elle se trouve à une profondeur de 7,85 m.

Elle comporte une sorte de « renforcement » sur deux de ses côtés.

La deuxième chambre a fait l’objet d’une finition plus aboutie (dimensions : 4,25m * 3,8m = 16,5 m2 – hauteur de 3,3m) – elle se trouve au fond du puit.

Chacune de ces chambres est accessible via un passage (avec une hauteur légérement supérieure à 1m).

Le passage de la deuxième chambre comporte un système bloquant l’entrée.

L’entrée de la deuxième chambre (jonction entre le passage et la chambre) est « fermée » sur les 2/3 de sa hauteur par un muret formant ainsi une sorte de « fenêtre ».

Nous notons dans cette chambre la présence de plusieurs « marques « des maçons.

Globalement la finition des chambres et des passages n’a pas été achevée.

Quelques remarques s’imposent.

Pourquoi deux chambres ? deux personnes étaient-elles prévues pour ce mastaba ?

Les deux chambres ont une hauteur assez importante en comparaison des autres mastabas de la nécropole : une raison particulière ?


 

Intéressons – nous aux objets trouvés dans ce mastaba :

  • Plusieurs fragments de relief (calcaire blanc avec inscriptions) ont été retrouvés dans la zone de la chapelle. Il est difficile d’affirmer que ces fragments sont bien associés à la chapelle.
  • Un fragment d’une base d’une jarre
  • Un fragment d’une tête de statue (calcaire) datée de l’Ancien Empire
  • Des restes humains ont été retrouvés dans la deuxième chambre : les ossements appartiennent-ils au propriétaire du mastaba ?
  • Des fragments de bois issus probablement du sarcophage
  • D’autres objets ont été aussi retrouvés dans cette chambre : bols, fragments de jarres / poteries / bassin – objets utilisés probablement lors de l’enterrement (lors de rites funéraires).

Il faut prendre en considération que les fragments retrouvés à proximité du mastaba ne sont pas forcément à leur place d’origine.


 

Le mastaba G 2210 n’a pas livré tous ses secrets – les « rues » qui bordent ce mastaba n’ont pas encore été explorées.

Espérons que de futures fouilles compléteront notre connaissance sur ce mastaba.


 

Bibliographie :

Peter Der Manuelian « Mastaba of Nucleus Cemetery 2100 part 1 »

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Ancien Empire Egyptien (projet A2E) by Fabrice MAUPIN