Le titre rẖ nswt

Le dossier est complexe : de nombreuses hypothèses sont émises par d’éminents Egyptologues depuis presque un siècle !

D’autant plus complexe que ce titre peut être lié à d’autres titres (pouvant donner ou non des éléments d’explications complémentaires) – ces titres pouvant être plus au moins contemporains pour corser la situation.


 

Le premier aspect qui a fait l’objet de grandes discussions est le sens de ce titre.

Le premier sens adopté a été « parent du roi » mais l’étude de certains éléments ont montré qu’il fallait élargir le sens « initial ».

Deux catégories portant ce titre se distinguent : les descendants royaux (surtout durant la quatrième dynastie – pas forcément de premier rang – petits enfants ? cousins ?) et les « participants » au culte royal (titre principalement octroyé par le roi – peut être aussi associé à des « courtisans »).

Les deux catégories sont parfois complémentaires.

A noter qu’au début de l’Ancien Empire la « famille » royale (au sens large du terme) prend une part active dans l’administration royale ainsi qu’au culte royal.

Le sens retenu « connu du roi » semble ainsi plus adapté, couvrant ainsi la notion (éventuelle) de parenté royale et de partisans / courtisans royaux.

Que ce titre ait un lien avec la parenté royale ou non, il est à l’oeuvre dès l’Ancien Empire.


 

Outre le débat de l’éventuelle parenté royale liée à ce titre, de nombreuses discussions ont été aussi menées sur la nature du titre : réelle ou honorifique ?

D’après les éléments que nous possédons, ce titre était dans certains cas lié à des affaires palatines réelles (associé probablement à une sorte de « catégorie » sociale) et dans d’autres cas était plus honorifique (il suffisait quelque fois d’épouser la bonne personne proche du Roi pour « hériter » d’un tel titre – nous retrouvons ce cas de figure par exemple durant la sixième Dynastie).

Les textes des pyramides nous donnent un élément intéressant sur le sens de ce titre.

Dans les formules (durant la sixième Dynastie), pour que le roi puisse « rejoindre la cour de Rê », il est fait mentionné que le roi est « connu » de Rê !

Nous sommes peut être en présence « d’une copie » terrestre (cour royale et administration) du modèle associé au monde divin.

Ce qui n’est pas anormal puisque cette analogie entre la cour royale et le culte solaire se comprend par la figure emblématique de Rê, roi par excellence et par le fait que le roi est son « fils ».


 

Nous constatons que durant tout l’Ancien Empire, ce titre va évoluer (peut être au détriment de la « parenté » pure !) et que cette évolution va continuer dans les époques suivantes.

Ce titre fait (et fera) encore débat.

LEAVE A COMMENT

Ancien Empire Egyptien (projet A2E) by Fabrice MAUPIN